mercredi 20 août 2008

Vents d'Afrique




Je pensais à toi.

Caressée par les vents d'Afrique,
A bord d'une felouque
Tu descendais le Nil.

Sous leur turban blanc
De jeunes pêcheurs Nubiens
Saluaient ta présence,
Et leurs yeux malicieux
Dessinaient des désirs

Des rêves interdits
Des contes érotiques.

Comme eux
Au fil de l'eau,
Ta mémoire vagabonde.
Curieusement, tu te souviens
Des paroles prononcées
Par cet imam Egyptien :

" parcourir le monde, disait t-il,
c'est renaître en des lieux différents,
se surprendre à n'aimer d'autres lieux
que ceux que nos pas foulent."

Curieusement,
Tu te plaisais d'être là,
Tout simplement,
Disponible,
Offerte à ce jour naissant
Abandon et plénitude de l'âme,
Instants magique.

Tu te disais
Que ces pêcheurs qui sourient,
Ces gens faits d'eau et de sable,
Comme toi
Jouissent de l'instant
Etrange et indivisible.

Fulgurance d'ombre et de lumière
Qui se prolonge dans le temps.

Osiris peut bien attendre; te disais tu !

Lentement, à bord de ce bateau,
Tu descendais le Nil,
Etourdi de mots entendus
Et d'une présence immortelle
Où se mêlaient confusément
Les souvenirs de l'enfance.

Tu te laissais berçer
Par le bruit voyageur
Des oiseaux de passage,
Les yeux fermés,
Le corps caressé des lumières de ce jour.

...caresses du temps,
Ce jour est à toi !